20 Septembre 2012 – La fête du slip

Juste avant de commencer à écrire ce texte, ma femme m’a demandé si je pouvais étendre le linge lavé pendant la nuit. Alors excusez-moi, j’y vais et je reviens vite…

Voilà. C’est fait.

Une petite lessive, essentiellement du linge de corps. Des T.shirts, des chaussettes et des slips.

Des slips ? Tiens, un mot vraiment marrant ! En fait, ça vient d’un verbe anglais qui signifie glisser. Parce qu’on le met et on l’enlève facilement, juste en le faisant glisser !

Et ça me fait penser à l’expression « C’est la fête du slip ».

Alors j’ai cherché, en revenant d’étendre le linge, d’où venait cette expression. J’ai fouillé, et j’ai trouvé des choses étranges !

Selon certains, l’expression viendrait des appelés du contingent, plus clairement de ceux qui faisaient leur service militaire. Toute l’année, ils subissaient des revues de chambrées où tout devait être impeccable. Pas un grain de poussière, les lits faits au carré, les armoires impeccablement rangées dans un ordre particulier. Alors, quand venait la quille, la fin du service, la dernière revue de chambre, l’habitude était de laisser la chambre impeccable (sans quoi certains sergents ou adjudants auraient pu empêcher les jeunes de partir), mais de mal plier ses sous-vêtements et de les ranger à l’envers de d’habitude, voire de les laisser en bouchon au fond de son armoire. En quittant leur chambrée, les appelés laissaient au milieu de la pièce un tas de slips signifiant ainsi la fin de leur conscription. C’était alors « la fête du slip » !

Une explication qui se tient, si j’ose dire.

Une autre ? Bon d’accord.

Dans les ports, il existe de grandes cales dans lesquelles on fabrique ou répare les bateaux. Et ces cales sont nommées slipways, car c’est de là que glissent les bateaux vers la mer lorsqu’ils sont terminés ou réparés. Et lorsque ces cales sont vides, elles deviennent de grandes salles dans lesquelles on organise d’immenses fêtes pour célébrer le lancement d’un bateau. La cérémonie organisée à cet endroit était donc « la fête du slipway » ou plus simplement « la fête du slip ».

J’aime moins cette explication, elle me parait plus tirée par les cheveux.

Bref, vous l’avez compris, « la fête du slip », c’est une sorte de craquage, de moment où on fait n’importe quoi, sans retenue ! Les filles, elles, lâchent le string, ce qui veut dire en gros la même chose !

Au fait… un slip ? Ça a toujours existé ?

Evidemment non, vous vous doutez bien que si je pose la question, c’est que j’ai fait des recherches et que je connais la réponse, du moins en partie !

Le slip, et sa dénomination, date du début du XXème siècle.

Avant ? Les hommes préhistoriques portaient un sous-vêtement pour protéger leurs parties génitales du froid, de la chaleur et des coups.

Les Egyptiens portaient le pagne, tout le monde le sait.

Quant aux Romains, ils mettaient le subligaculum, espèce de caleçon, ou de short.

Puis pendant longtemps les hommes n’ont plus rien porté du tout. La vie libre au grand air, mais qui devait gratter un peu quand même !

Puis est arrivé le caleçon long, sorte de pantalon en coton ou en lin lacé à la taille et aux genoux ou aux pieds selon la longueur.

Avec l’invention de la braguette à la fin du Moyen-Age, sont apparues les premières fentes sur les sous-vêtements masculins. Question pratique !

Ensuite, à partir de Louis XIV, on a beaucoup porté des chemises longues qui permettaient de faire une sorte de protection entre les parties intimes et le tissu du pantalon, souvent rugueux et rêche.

A partir du XIXème siècle, la production de masse et l’évolution de l’hygiène ont permis la démocratisation des sous-vêtements. Cependant, les slips courts comme on les connait maintenant étaient uniquement réservés aux sportifs.

Le XXème siècle voit une évolution énorme. Le sous-vêtement n’est plus seulement hygiénique, il peut aussi devenir un accessoire de mode. D’où la naissance de grandes sociétés comme Petit Bateau en 1918, Jil en 1929. 1944 voit la naissance du slip kangourou et celle de la marque Eminence.

Et comme il est de bon ton de tout légiférer, en 1958, l’armée française préconise le port du slip et bannit ainsi le caleçon.

Puis est revenue la mode du caleçon, symbole de liberté !

Maintenant, on trouve le slip, le caleçon, le boxer, le shorty, le string et enfin le C-string que je vous laisserai découvrir seul(e)s.


Histoire vraie : Et pourquoi parler de slip aujourd’hui dans cette publication où décidément, on parle de tout ? Eh bien parce que le mot SLIP désignant un sous-vêtement masculin est apparu pour la première fois en France dans la revue l’illustration le 20 septembre 1913.

Si je peux me permettre un souvenir personnel (et je peux, puisque c’est moi qui écris), j’ai gardé un excellent souvenir de ce que nous appelions La peau de singe pendant mon service militaire. Il s’agissait de sous-vêtements molletonnés composés d’un haut à manches longues et d’un bas à jambes longues. Le tout kaki évidemment et super chaud !!